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vendredi, octobre 12 2018

Ou alors préférerais-tu...

Ou alors préférerais-tu... John Burningham, Kaleidoscope

Comme dans "préférerais-tu...", John Burningham nous expose ici une série de propositions improbables qui laissent le lecteur face à un choix impossible.

Est-il préférable, par exemple d'être embrassé par tatie Zélda ou par un hippopotame à l'haleine qui pue?

Pas facile, hein.
Heureusement, il y a aussi des alternatives plus agréables, comme prendre pour animal de compagnie un koala, un alligator, un vautour ou un mouton.

A chaque page, les enfants réfléchissent, pèsent le pour et le contre et donnent des arguments qui me laissent perplexe.

Moi, presque systématiquement, je botte en touche, ce qui me vaut de me faire traiter "d'adulte rabat-joie qui joue pas le jeu" par mes mouflettes. Elles n'ont pas tort.

Elles, jouent le jeu à fond et même le prolongent, en cherchent de nouvelles propositions entendues ça et là ("Préférerais-tu avoir les bras en mousse ou être suivie en permanence par un troupeau d'oies?" est un classique du genre) ou qu'elles inventent elles même (et dans les quelles j'ai bien souvent le mauvais rôle! "Préférerais-tu que maman t'appelle choupinette devant tes copains du collège ou qu'elle dise à ton prof de math ce qu'elle pense de lui?" a eu un certain succès)

L'histoire sort du livre, puis on y revient quand on est en mal d'inspiration.

Outre que ces albums remettent au gout du jour un jeu qui amuse souvent adultes et enfants, ils l'alimentent par les images qui renforcent le côté déroutant ou amusant des propositions.

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vendredi, janvier 13 2017

Les enfants terribles de John Burningham

edouardo_le_terrible.jpgEn décembre, la revue Le furet a consacré son numéro aux enfants qui nous mettent au défit.
Avec ma collègue Céline Touchard, j'y signe un article sur les enfants terribles dans l’œuvre de John Burningham, que je vous propose de découvrir ici.

Dans la littérature enfantine, soumise à une tension entre prescription et fantaisie, sont très vite apparus de drôle de trublions, aussi déconcertants pour les parents que réjouissants pour leurs enfants…

Enfants difficiles ou, simplement, qui ne correspondent pas aux normes ?

Dans l’album jeunesse, où l‘image a une fonction capitale, les bêtises sont devenues un thème récurrent, voire un genre à part entier… Nous souhaitons mettre ici à l’honneur John Burningham, l’un des plus grands auteurs britanniques pour enfants.

Ses petits héros sont sans doute terribles pour leurs parents, les injonctions qu'ils subissent sans cesse en témoignent. Mais dans le conflit générationnel, l'auteur, ancien élève de Summerhill, se place résolument du côté des enfants et ses albums plaident pour leur émancipation. Et s’ils ne se montraient difficiles qu'en réaction à une éducation trop stricte ?

bain_Marcelle_litterature_enfantine.jpegEn 1977 et 1978, deux albums ont pour héroïne Marcelle, Ne te mouille pas les pieds Marcelle  et Veux tu sortir du bain Marcelle (Père castor Flammarion). Le recours récurent de cette enfant au jeu symbolique lui permet de résister face à une mère prosaïque et à l’injonction facile…

En 2006, paraît  Edouardo le terrible (Gallimard jeunesse)dans lequel le petit garçon subit le regard prescripteur des adultes au point d'y perdre sa personnalité.

À trente ans d'écart, ces trois albums sont liés par leur thématique et la manière dont ils dépeignent les relations adultes/enfants. Marcelle comme Édouardo semblent captifs des fortes attentes des adultes à leur égard. Marcelle ne doit son salut qu'à sa fuite dans l'imaginaire alors Édouardo ne sera finalement « réhabilité » que suite à une série de malentendus.

Il est intéressant de souligner qu'aucun des deux n'a la parole, ils sont réduits à l’état d’objets par les adultes.


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samedi, décembre 6 2014

Le zoo derrière la porte

le_zoo_derriere_la_porte.jpgLe zoo derrière la porte John Burningham Kaléidoscope 14€

isbn:9782877678186

C'est au moment où elle allait s'endormir que Sylvie vit la porte dans le mur de sa chambre. Ainsi commence cet album, par une porte improbable qui apparaît entre veille et sommeil. Porte ouverte sur son imagination? Son inconscient? En tout cas, elle semble invisible pour les adultes. Mais les enfants à qui j'ai lu cet album sont formels, la porte existe bel et bien, sans quoi il n'y aurait pas d'histoire.

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