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jeudi, janvier 7 2016

Combien de questions

combien_de_questions.jpegCombien de questions, Cendrine Genin, Rascal, pastel 13€50

Dans la vie des enfants, il y a beaucoup de questions. Celles qu'ils nous posent (et aux quelles on ne sait pas toujours répondre), celles qu'ils se posent (et que nous ne pouvons pas toujours comprendre) et celles que nous, adultes, on leur pose (et qui ne sont pas forcément les plus pertinentes). Il y a aussi toutes celles qu'ils n'osent pas poser, celles aux quelles ils n'ont pas encore pensé, celles qu'ils ne comprennent pas vraiment. Plus de questions que de réponses.

Ces questions sont le moteur de leur intelligence, leur curiosité est insatiable, dans leur désir de comprendre le monde, ils ne s'arrêtent jamais.

Il y a des livres qui tentent d'apporter des réponses aux questions enfantines. Tentative vaine d'étancher leur soif d'apprendre peut être.

Généralement, plus un livre veut apporter des réponses définitives et moins il m'intéresse.

Les livres qui retiennent le plus mon attention sont souvent ceux qui n'apportent que quelques éléments de réponse et laissent l'enfant terminer le chemin.

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vendredi, juin 27 2014

J'ai vu

j__ai_vu.jpgJ'ai vu Cendrine Genin Rascal Pastel 10€50

isbn: 978-2-211-21712-5

Et si on posait sur le monde le regard d'un enfant? C'est le pari très réussit de cet album.

"je l'ai vu par la fenêtre du matin courir drôlement par le chemin. Je t'aime chien noir."

Une fillette est montrée de trois quart dos, le lecteur est invité à suivre son regard. Pourtant, il n'y a pas de chien noir à l'horizon. Seulement une ombre vague, au loin, jaune, comme une simple aspérité sur le papier. On se surprend à la scruter, avec la fillette dans le livre et l'enfant à qui on le lit. Ensemble, on regarde ce chien invisible, nommé mais pas montré, ce chien qu'il faut imaginer.

Et puis, à bien y penser, ce chien absent, il nous semble qu'on l'a vu, non? Généralement, c'est l'enfant qui le signale, il est plus attentif aux images que l'adulte qui, lui, pose surtout ses yeux sur le texte. L'enfant, qui s'autorise à tourner les pages à l'envers, il remonte le temps, revient à la page de titre. Le voilà le grand chien qui court. Il est... Jaune. Ça n'a pas empêché un enfant à qui j'ai lu cet album de me dire "il est là le chien noir" en pointant l'image. Je lui ai dit qu'il avait raison, que le chien était bien là. Parce que regarder une image c'est déjà l'interpréter, que représenter un chien, c'est déjà le montrer différent de sa réalité alors pourquoi pas une image jaune pour un chien noir?

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