Sur la page de gauche se trouve donc le texte, mais aussi son illustration en silhouette, stylisée, qui se détache en rouge brique sur le blanc de la page.

Si le texte est fidèle au conte maintes fois entendu, il y ajoute une petite touche d'humour et de modernité très appréciable. Les gros plans sur le visage du petit Chaperon rouge n'en sont alors que plus savoureuses, étonnamment, elles distancient le lecteur de l'histoire.
D'ailleurs, si le conte en lui même est assez terrible, faisant écho aux angoisses de dévoration des enfants, il est ici dépouillée de ses attributs terrifiants. Le loup inspire plus le dégout, l'ennuie ou la surprise que la peur.

Personnellement, j'ai un grand plaisir à partager cet album avec des enfants, sans chercher à en faire un outil pour canaliser leurs émotions. Et, ma foi, ils ont l'air d'y trouver leur compte, puisqu'ils en redemandent.