L'histoire se décline donc en deux parties, page de gauche celle d'un cow-boy sanguinaire qui mange des lapins au petit déjeuner, racontée uniquement par le texte et, page de droite, celle d'un singe ayant pour acolyte une autruche (histoire d'assurer la parité, sans elle il n'y aurait que des garçons dans le livre).

Avec ce décalage, elle étrille en douceur tous les tropismes du moment: la tendance au politiquement correct, la censure et l'auto-censure, les nouveaux sujets tabous (comme la cigarette, remplacée par du chewing-gum). Elle va jusqu'à supprimer le foin de ses images: il est allergène!

C'est très drôle, bien mené, les enfants se délectent du décalage entre les pages de droite et de gauche et au passage ils affinent leur capacité à lire l'image. Le duo singe/autruche en plein cours d'aérobic (histoire de ne pas montrer la terrible bagarre) les amuse particulièrement.

Quant à nous adultes, on se régale de cette complicité que l'autrice instaure avec nous. Bien sûr on adopte son point de vue, le "politiquement correct", au sens à la mode donc péjoratif, c'est toujours l'autre, n'est-ce pas?

Allez, pour afiner la réflexion, je vous offre en petit bonus le lien de cet article du site naitre et grandir sur le fait de laisser les enfants jouer à la guerre. Où l'on constate que non, ça ne va pas faire d'eux des psychopathes assoiffés de sang.