L'histoire est assez universelle: un animal blessé, un enfant qui en prend soin, puis la guérison et la séparation qui s'en suit.

Elle est servie par un texte doux et qui va à l'essentiel.
Mais ce sont surtout les images qui m'ont séduite. J'ai toujours apprécié l'univers doux et bienveillant de Michel Gay, son petit zèbre Zou m'accompagne souvent dans mes séances de lecture. Mais jamais je n'avais vu dans ses images une telle maitrise dans l'image. Ici l'utilisation de la double page, les jeux d'ombres, le jeu sur l'intérieur et l'extérieur (avec en début d'album une image de Nour se faisant coiffer par sa maman vue par la porte de la maison et en échos les enfants que l'on voit par la porte de l'école plus loin dans l'histoire) tout semble pensé finement et donne une grande richesse à l'album.

Par ailleurs, les enfants avec lesquels je travaille sont souvent entourés de femmes qui portent un voile. Leurs mamans, leurs voisines, leurs assistantes maternelles. Hors ces femmes sont généralement absentes de la littérature jeunesse, sous représentées, invisibilisées. Ici, Nour, ses camarades de classe et les maîtresses portent un foulard, sans que ça ne soit mentionné. Là n'est pas l'histoire, ce n'est même pas un sujet. Nour est une petite fille tout ce qu'il y a de plus normale, son histoire pourrait arriver à n'importe lequel des petits lecteurs auxquels s'adresse l'album. Finalement, qu'elle porte un voile est secondaire, ce que je trouve très bien ça remet les choses à leur juste places: L'héroïne ici, c'est Nour, ce n'est pas "une petite fille voilée", elle ne se résume pas à cela.