A l'arrière plan, dans une petite maison de pierre, trois petits cochons observent la scène en souriant.

Puis l'ours croise le géant. Menaçant, malgré son tatouage "i love mum". L'ours dessine un haricot magique qui l'emprisonne. Puis il poursuit son chemin, entre une grenouille couronnée et une chaussure de verre. (et non de vair, comme il aurait aussi pu être).
Et l'histoire se poursuit. A chaque double page, l'ours rencontre un nouveau personnage inquiétant, croise des éléments clefs d'histoires patrimoniales et grâce à son crayon magique ridiculise ou tiens en respect les méchants.

Les dessins magiques, qui se détachent en blanc sur le décor de la page, comme la fourrure de l'ours, semblent être une projection de lui même. Le petit héros possède en lui l'arme pour surmonter les épreuves. Quelle confiance peut y gagner le jeune lecteur! voir ainsi un ourson, figure la plus placide, la plus enfantine,  de l'imaginaire collectif, terrasser des loups, des sorcières et des ogres, avec pour arme principale son imagination (et sa bonne connaissance des histoires), c'est magique.

un_conte_interieur.jpgAvec un texte extrêmement court et dialogué, cet album se prête bien à une lecture à un tout petit. Comme souvent chez Anthony Browne, chaque page est une initiation à la lecture de l'image. Plus simple à décrypter que d'autres albums de cet auteur, la série de petit ours permet aussi un premier encrage des enfants dans la culture collective.

Peu importe qu'ils connaissent ou non déjà l'histoire de Cendrillon ou des trois petits cochons. La richesse de l'image est là, ils la perçoivent, émettent des hypothèses, enregistrent, comparent avec ce qu'ils connaissent. Le petit détail en plus met leur intelligence en mouvement. Que fait donc cette chaussure ici? Ils ont bien le temps de mettre en lien une histoire avec chaque image, ils peuvent savourer cet album très jeunes.