ruby littérature enfantineL'histoire débute par une mise en perspective. Dans une classe, des enfants découvrent le tableau The problem we all live with, peint par Norman Rockwell et qui est ici réinterprété par Marc Daniau, montrant la véritable Ruby Bridges, encadrée par des policiers, se rendant pour la première fois à l'école. Les enfants d'aujourd'hui ont du mal à interpréter cette image, ils font des hypothèses, sont assez loin de la vérité, ils n'ont pas les codes pour la décrypter, ils ne savent rien de la ségrégation, ou si peu.

Puis on rentre dans le récit proprement dit, Irène Cohen-Janca donne la parole à la petite Ruby, et c'est à travers ses yeux que l'on découvre la rancœur et la fureur des uns, le soutien des autres. Et ses besoins d'enfants, qui voudrait juste jouer avec des copains. Pourtant, elle n'est jamais aigrie, jamais en colère, elle fait toujours preuve d'une grande dignité, du haut de ses six petites années.

Et, grâce à elle, les choses changent. L'année suivante, Ruby pourra se rendre à l'école sans escorte et y fréquenter à la fois des enfants blancs et d'autres enfants noirs qui, comme elle, ont désormais le droit de fréquenter l'école du quartier.

Les peintures de Marc Daniau sont aussi émouvantes que le texte. Et, grâce au grand format elles sont particulièrement immersives. On est en empathie totale avec cette fillette qui reste sereine face aux visages, déformés par la haine, des manifestants. On a envie de marcher à ses côtés.

Généralement ce livre, qui relève plus du texte illustré que de l'album, est proposé à partir de 9 ans.
Moi je l'ai lu à des enfants de 7 ans, en les accompagnant dans la lecture. Ils ne sont pas trop jeunes pour s'identifier à Ruby, ni pour comprendre la haine dont elle a été l'objet.

Je pense qu'il doit aussi très bien se prêter à des lectures en classe, où il doit susciter des discussions nécessaires.

image__3_.jpg