Bien sûr, chaque lecture s'enrichit des précédentes. Même chez les jeunes enfants, le lien entre l'album qu'on leur raconte et ceux qu'ils ont lu avant se fait naturellement.
A la lecture de Petit escargot rouge, certains peuvent faire le lien avec le petit chaperon rouge. La couleur mais aussi la présence d'arbres qui évoquent la foret, incitent à ce rapprochement. D'autre chantonnent "petit escargot", et ceux qui fréquentent les livres le plus assidument (oui, bon, ma cadette en l’occurrence) peuvent même faire le lien avec les histoires sans paroles de Rascal, qui s'en rapprochent par le format, l'utilisation du noir et blanc et l'univers du conte.

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Finalement, s'il ne se passe pas grand chose dans le livre, c'est pour mieux laisser la place à tout ce qu'il peut se passer dans la tête du lecteur. Le blanc de la page est comme un écran sur le quel chacun peut projeter sa vie psychique. On complète l'image, puisque les éléments sont tronqués par le cadrage et le gros plan. Et puisque les mots semblent manquer, on complète aussi, il y a plein de petites histoires qui peuvent se dérouler dans nos têtes, presque malgré nous, à la lecture de ce livre.

On parcourt l'album, on est touché par la beauté d'une image, surpris par la lenteur qui s'impose à nous (et même peut-être quel plaisir ce temps retrouvé, dans un monde qui va si vite) et quand on l'a terminé, on a bien envie de repartir pour un tour, tout comme le petit escargot d'ailleurs, qui semble bien être revenu à son point de départ. On a été désarçonné, oh, pas trop, on connait cet auteur, on sait qu'il peut surprendre. Mais on en redemande, on veut comprendre, on veut interpréter, on veut inventer. Et plus on le lit plus on l'aime, ce petit album là.

D'ailleurs, il a été apprécié aussi par Alice et Bouma