Mais revenons à nos moutons notre poussin.

Prudemment, il perce d'abord un petit trou, juste pour jeter un œil. Puis un deuxième, pour ne rien rater de ce qui l'entoure.

Désireux d'entendre la musique du monde, il va faire deux nouveaux trous, au niveau des oreilles.

Il entend la mouche qui fait zzzz, les corbeaux qui font Croâââ et le vent qui fait Whouuuuu.

Toutes ces petites choses qu'une fois de plus on ne voit pas, mais qu'on imagine parfaitement.

Rascal est fort, vraiment fort, il arrive à rendre son personnage terriblement expressif alors qu'on le voit à peine.

Il ne s'éternise ni sur l'inquiétude de Pablo ni sur son impatience à découvrir le monde, mais il nous les donne à voir très nettement. Cette ambivalence des sentiments est très représentative de l'enfance et les jeunes lecteurs ne s'y trompent pas, ils semblent avoir une grande tendresse pour le poussin.

Une histoire aussi évidente que l'envie de grandir, à la chute délicieuse.
L'adorable petite vidéo, je l'ai piquée sur le site de l'école des loisirs.