J'aime infiniment regarder les enfants jouer. Ils sont toujours capables de nous surprendre. Dans le jeu on peut se faire un bateau d'un parapluie, on peut se rouler dans la boue, on peut être un ours. On peut aussi ne plus être un ours et on peut même être un ours qui n'est pas vraiment un ours mais un peu quand même, ça dépend des moments. C'est ce que montre cet album. Le jeu d'une fillette, qui navigue entre réalité et imagination, sans nécessité d'une frontière très marquée entre les deux.

ours_et_gouttes_interieur.jpgOurs, goutte ou fillette déguisée? 
Les enfants ne sont nullement déstabilisés du passage de l'un à l'autre. C'était un ours mais en fait c'était déjà une fillette déguisée mais on le savait pas sauf qu'on l'avait quand même bien vu dans l'image mais on le disait pas alors ça n'avait pas d'importance. Voilà comment les enfants reçoivent ce livre. C'était des oursons et on jouait avec et qu'importe qu'ils soient en peluche ou pas, ça reste de vrais oursons. Faudrait vraiment être une grande personne pour se demander si ce qu'il se passe dans ce livre est plus ou moins vrai que ce qui se passe dans un autre livre. C'est une vraie histoire, à défaut d'être une histoire vraie, et c'est une histoire qui fait plaisir, point. Et les mots qui sont écrits sont de vrais mots, même si, d'un point de vue d'adulte, ce ne sont pas toujours les bons mots. En vrai, motolokive est quand même un mot qui dit parfaitement ce dont il s'agit alors il est vrai, puisqu'on le comprend.

Un album très joliment chroniqué par Céline dans le tiroir à histoire.