mon_chat_personnel_interieur.jpgLa première fois que je l'ai lu j'ai clairement entendu des voix de mères dans ce début de l'album. Des mères qui "dévorent" leur bébé de bisous, des mères qui le serrent dans leurs bras, qui le bercent de mots doux. Des mères normales qui parfois vont trop loin... Des mères comme vous et moi en somme.

Et bien sûr, l'enfant du livre va trop loin.

Le chat finit par remettre les choses à leur place:

"Et moi je suis mien oh oui mien de mien de mien

oh je suis à moi rien qu'à moi

oh je suis chat de chat de chat

et toi oui toi tâche de te souvenir de ça"

Soulagement, il est bon de se dire que les enfants, en grandissant, finissent par se libérer de leur mère.

Le chat va se définir, tel qu'il est. Ce qui conduit l'enfant à se demander qui il est, indépendamment de son chat. Double soulagement, on peut exister même tout seul, sans posséder autrui. 

Le félin et le garçonnet vont bien sûr trouver un équilibre, parce qu'on peut être libre et indépendant tout en étant ensemble. 

Fusionner ou non, tâtonner pour trouver sa place,  on peut, bien sûr aussi voir dans cette histoire une représentation du couple.

Et quand je le lis à mes filles, je vois très précisément là dedans des relations fraternelles. Où chaque enfant peut s'identifier tour à tour au chat ou au garçonnet, heureusement, les rôles ne sont pas figés.

Cet album a été publié pour la première fois en 1962, mais des livres d'une telle qualité ne vieillissent pas.

Vous pouvez voir aussi l'avis de ricochet et celui de S. Van der Linden qui en parlent mieux que moi.