"TOUTES LES SEMAINES, je franchis ces portes et il se passe quelque chose d'incroyable. J'entre dans une aventure EXTRAORDINAIRE.

Viens, je vais te montrer..."

Ainsi commence l'album. Le T majuscule se positionne sur un livre aux couleurs bien reconnaissables du pull-over de Marcel. Sur la page de droite, qui, dans tout le livre, sera consacrée aux illustrations, on voit Marcel quitter la grisaille urbaine pour pénétrer dans un lieu lumineux. les_histoires_de_Marcel_interieur3.JPG

Puis chaque page nous montre Marcel en héros des histoires très connues de la culture enfantine. Sans jamais citer les livres dont elles sont issues (mais un indice est donné à la fin de l'album pour toutes les retrouver), Anthony Browne nous offre une porte d'entrée vers cette littérature, accessible même aux plus jeunes lecteurs. Quand l'enfant connaît l'histoire il a un grand plaisir à l'identifier, à reconnaître dans les images comme dans le texte les éléments clef. Quand il ne sait pas de quel livre il s'agit, sa curiosité est piquée, on lui en dit juste assez pour ouvrir mille chemins à son imaginaire. Nul préalable culturel n'est indispensable pour prendre plaisir à écouter cet album. Chaque double page n'est qu'une ébauche de l'histoire, une invitation à prolonger le plaisir de la lecture par l'imaginaire. D'ailleurs, toutes se terminent par une question adressée au lecteur, l'incitant à compléter, inventer lui même les morceaux manquants de l'histoire. les_histoires_de_Marcel_interieur1.JPG

Les illustrations, cernées d'un trait de couleur, ont toute la force dont on sait Anthony Browne capable. Ici, ce ne sont pas des bananes qui sont cachées à chaque page, mais des livres. Un bel hommage aux auteurs et illustrateurs qui ont bercé son enfance. les_histoires_de_marcel_interieur2.JPG

C'est un album très réussit dont j'ai d'abord pensé qu'il s'adressait à des enfants assez grands (ma mouflette de presque 9 ans s'en est régalée). Mais après l’avoir proposé à des plus jeunes j'ai constaté que dès 3 ans on peut se laisser emporter par ces courts  récits. Le plaisir des mots et des images prend alors le pas sur la compréhension. Certaines images peuvent toutefois impressionner, un jeune garçon d'environ 3 ans à qui j'ai montré cet album s'est arrêté longuement sur l'image qui représente l'histoire de Peter Pan et, touchant l'épée du capitaine crochet m'a dit à plusieurs reprises "je n'ai pas peur du tout, hein, je n'ai pas peur", puis, montrant les personnages à l'arrière plan "eux, par contre, ils ont peur, ils ont très peur, ils ont très très peur".