L'enfant qui découvre cet album est amené à lire l'image, à l'interpréter. Parfois, il émet ses hypothèses à voix haute: "c'est un chewing-gum? Non, regarde! La pomme est cassée? C'est devenu autre chose..." Il pointe du doigt, interroge et s'interroge, est parfois perplexe. Il revient en arrière, relit le livre, redécouvre, comprend plus finement ou autrement. petite_bulle_Iela_Mari_ecole_des_loisirs.jpg

D'autre fois, il reste silencieux, et c'est nous qui sommes perplexes. "Qu'est ce qu'il en pense? Qu'est ce qu'il en comprend? A-t-il aimé?" Les réponses à ces questions lui appartiennent, mais on peut tout de même supposer que si l'enfant reste tout le temps du livre, c'est qu'il y trouve son compte.

Et puis, il y a ceux qui ont besoin de mots. Ils pointent le doigt vers le livre et d'un ton impérieux, ils demandent "Lis". Alors j'explique. Non, dans ce livre, il n'y a pas de mot à lire, par contre, il y a des images qu'on peut regarder ensemble. Et je m'autorise quelque interprétation (car décrire une image, c'est toujours l'interpréter). "Je vois une pomme, tu ne crois pas? j'ai l'impression qu'en tombant, elle s'est cassée, que va-t-elle devenir d'après toi?" l'enfant est libre de répondre ou non, ensemble, on construit notre lecture du livre, unique, provisoire, ce qu'est le livre dans ce moment précis, avec cet enfant précis, qui sera forcément différent une autre fois.

diaspora*