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D'abord, à chaque fois que le personnage va passer un de ses membres à travers cette invisible frontière, ça va le plier en deux.

Enfant, je me suis souvent demandé si les personnages qui étaient à cheval sur la page n'avaient pas mal quand on leur ferme le livre dessus (je me posais aussi beaucoup de questions sur la lumière du frigo). J'ai ma réponse.

 Et comme notre héros ne renonce pas à traverser la charnière, le voilà tout biscornu.

Le bonhomme promène son chien en laisse. Mais l'animal, renseigné sans doute par son instinct, reste sur la page de gauche, en sécurité. Il file même à l'opposé du danger et sort du champ de l'image. Il réapparaitra sur la page de droite, manifestement il a contourné l'obstacle par l'extérieur du livre.

Juliette Binet explore ainsi le mécanisme du livre, et invente des situations où le pli du livre modifie son contenu. Après avoir été tout déformé, le personnage est dédoublé par cette charnière qui se fait alors miroir. Toujours aussi tordu et désormais affublé de huit membres, le bonhomme finit par ressembler à un étrange papillon, d'ailleurs, hop, le voilà qui s'envole hors de la page. Reste alors le chien. Et toujours le pli facétieux, qui va jouer un dernier tour à l'animal et réserver une dernière surprise au lecteur.

Un album qui a été apprécié aussi par Pépita.

diaspora*