Le lion croquerait bien l'impertinente, mais une promesse est une promesse.

Alors la souris n'hésite pas à aller plus loin et à tirer les vers du nez du roi pour remettre en cause sa légitimité et la justesse de ses jugements. Il n'est pas très à l'aise pour répondre à ces multiples questions mais c'est au pied du mur, quand il aura à prendre des décisions importantes et dans l'urgence, que son incompétence se révèlera vraiment.

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Il y a évidemment quelque chose de très politique dans le propos. Remise en cause de l'ordre établit, démonstration que le pouvoir devrait se mériter plutôt que s'hériter, mais aussi valorisation des actions collectives sont au centre de cet album.

En cela il se rapproche à la fois des contes et des fables, qui ont généralement un point de vue à défendre.
Je me souviens, au moment de la polémique autour de l'album "tous à poil", de Copé s'indignant d'une littérature porteuse d'une idéologie. Oh, le vilain mot, l'idéologie, c'est pas bien, c'est mal, on devrait protéger nos enfants de cette vilaine idéologie. Entendre de tels propos dans la bouche d'un homme politique, dont on est en droit d'attendre qu'il porte et défende justement une idéologie m'avait bien fait rire.
Moi, au contraire, j'aime que la littérature, comme toute autre forme d'art d'ailleurs, ait des valeurs à transmettre, un point de vue à défendre. Cela ne signifie pas que ces valeurs doivent s'imposer au lecteur, au contraire, chacun peut y réfléchir et décider d'y adhérer ou non. Proposer aux enfants de réfléchir aux notions d'autorité, de gouvernance, de pouvoir, c'est les placer en sujet et cela me semble salutaire.
Ajoutons à cela que dans cet album la langue est plaisante et agréable à lire à voix haute et les images de qualité. Voilà donc un album à avoir et à offrir, qui peut ouvrir des conversations passionnantes avec les enfants.
diaspora*