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Ici il s'agit d'envie autant que de manque de confiance en soi.

Les sentiments des enfants à qui j'ai lu cet album sont très partagés quand ils voient Uchiki commettre son méfait. On sent qu'ils ressentent le tiraillement du personnage. Ils savent que ce n'est pas bien, qu'il ne faut pas faire ça. Certains se désolidarisent même du personnage et l'expriment fort: "ce n'est pas bien", "il n'a pas le droit!". Et, dans le même temps, je les vois ravis de se sentir moins seul, quel gamin n'a jamais eu envie de faire un croche pied à celui qui va gagner la course? Qui n'a jamais eu envie de faire disparaitre la preuve de la supériorité d'un autre? Comme il est jouissif parfois de voir qu'on n'est pas le seul à posséder ce type d'instinct.la_peinture_d__uchiki_litterature_enfantine.jpg

J'aime beaucoup que les livres qui donnent aux enfants l'occasion de réfléchir à ce qui est bien et ce qui est mal, plutôt que de leur prescrire un supposé bon comportement.

Bien sûr, la suite de l'histoire montrera qu'Uchiki a eu tort de brûler la toile et d'une certaine façon, il en subira les conséquences. Mais il n'en sera pas puni, il n'est pas question ici de faire la morale.

Outre les qualités du texte, les images sont extrêmement poétiques, elles se déploient sur un grand format qui permet d'admirer leur élégance.

diaspora*