Le voyage n'est pas terminé, c'est en motoneige qu'ils se rendent à la base où les attendent différents scientifiques et où Bob officie en tant que cuisto de l'équipe.

C'est après s'être remémoré le voyage et le séjour sur place, avec son lot de merveilles (aurore australe, tempête de neige, ballons-sondes et yukimarimos) que Simon va avoir une idée, qui lui permet de faire le lien entre ses souvenirs et son présent. Il est à présent minuit deux et Simon trouve enfin le sommeil.

Comme toujours dans les albums d'Adrien Albert, on oscille entre réalisme et étrangeté. Les gros plans (qu'est-ce qu'il est expressif, Simon, qui nous regarde de face, la tête bien calée sur son oreiller) succèdent aux plans éloignés, les vignettes aux images pleines page. Le temps est ainsi découpé, maitrisé, le rythme de lecture d'adapte spontanément à celui du récit.

Au fil de ses albums, il me semble que deux thèmes apparaissent toujours: celui du lien à l'autre, amical ou familial (on croise dans ses livres des frères et de soeurs, des papis et des mamies, des parents aussi bien sûr, et il semble que tout le monde veille sur les autres, avec naturel et gentillesse) et celui du courage face aux tracas de la vie quotidienne. Un courage simple, sans éclat, dont les personnages font preuve presque sans s'en rendre compte. Qu'il s'agisse d'affronter un incendie, de se rendre à l'école malgré les embûches (et l'heure tardive) ou d'aller jusque sur la lune pour visiter un père lointain, les héros d'Adrien Albert affrontent les difficultés sans crainte apparente.

Nul doute que les petits lecteurs trouvent dans ces personnages des modèles inspirants.