j__ai_vu_inter_2.jpgPage suivante, la fillette s'est éclipsée, nous voyons désormais par ses yeux. "Je l'ai vu sur le rebord du jardin, à la pointe du sapin, je t'aime petit merle." Toujours cette structure de texte qui attise la curiosité, on ne sait de quoi on parle qu'à la fin de la phrase, on garde le plaisir de faire des suppositions pendant tout le début. L'image, une fois de plus en léger décalage, montre l'ombre du merle. C'est dans ce petit décalage que l'intelligence de l'enfant à qui on lit le livre peut se mettre en mouvement. Dans ce petit espace de liberté qui lui permet de s'interroger, d'interpréter de penser. 

L'album se poursuit, comme un poème, une ode aux petites merveilles du quotidien qui entourent l'enfant. Le chat, dont on ne voit que le corps le lapin, qu'on ne reconnaît vraiment que si on éloigne le livre. Prendre du recul pour mieux comprendre, voilà une expérience fondatrice pour les enfants. Et le caillou, tout aussi attachant pour l'enfant que les animaux, forcément. j__ai_vu_interieur_1.jpg

Et puis ce "je", ce sujet qui aime tout ce qui l'entoure et dont on ne voit pas grand chose. Ici une sandale rouge, là une menotte qui tient une poupée. Et puis, surprise, la voilà qui nous livre son prénom. Elle l'a écrit sur le mur de sa maison. L'image se fait narratrice, Rose nous est présentée. Tiens, on l'a déjà aperçue dans cet autre album de Rascal cette petite Rose, non? 

Ainsi présentée, elle nous dévoile enfin son visage, si beau, si doux, pour dire son amour le plus évident, celui qu'elle a vu dans son cœur.

Cet album est une véritable merveille graphique et poétique, qui traite le jeune lecteur avec tout le respect qu'il mérite: en faisant une confiance absolue à son intelligence.