Ce paisible couple de retraité ne viendrait-il pas de vraiment très loin? Sinon, comment expliquer cette tasse qui tient seule en lévitation à côté du fauteuil. D'ailleurs, leur petit chien (lui aussi coiffé de petites antennes) ressemble étonnement à celui de "Mars attacks"

Le jeu de questions/réponse se poursuit entre Joe et sa mère ("Et si jamais il y avait plein de monde là bas?" "Et si je n'aime pas la nourriture?") alors que les maisons défilent, toujours plus étonnantes. Celle ci est habitée par un éléphant au regard triste. Cette autre par les frères Tweedle sortis d'Alice au pays des merveilles. Cette autre semble avoir donné vie aux personnages d'un tableau de Brueghel

A bien y regarder d'ailleurs, avant même de voir l'intérieur des maisons on peut deviner qu'il s'y passe quelque chose de surnaturel. La lune qui crie, le lapin sur le toit, l'ombre étrange d'un fantôme sur le mur de briques sont autant d'indices sur ce que l'on va trouver derrière les fenêtres. 

Comme souvent dans les albums de Browne, l'étrange et le familier se rencontrent, la réalité et le fantasme se confondent et l'histoire fait remarquablement échos aux peurs enfantines. Et, comme toujours, on découvre à chaque lecture un petit joyau dans l'illustration qui nous avait d'abord échappé.

diaspora*