Mais un jour, un enfant plus curieux que les autres sans doute, veut voir ce qu'il y a de l'autre côté du mur. Puisqu'il est du côté des gentils, il veut voir à quoi ressemble un méchant.

Il entreprend alors de percer le mur. Tout seul, pour ne pas ébruiter son secret.
Enfin presque, les oiseaux, qui depuis le début passent d'un côté à l'autre par dessus le mur, l'aident en silence.

Petit à petit, le mur s'effondre et les enfants passent d'un côté à l'autre. Ils reconnaissent alors leurs voisins comme leurs pairs, les jeux s'organisent naturellement.

Les adultes sont forcément plus longs à la détente, ils commencent par se lamenter, ils ont peur du changement, de l'accueil de l'autre, de l'inconnu.

J'avoue qu'à la première lecture, j'avais trouvé le propos un peu trop appuyé, trop concret, ça ne laissait pas assez de place au symbolique à mes yeux.

Mais depuis deux jours, cet album s'est régulièrement invité dans mes pensées.

Alors que des extrémistes fascisants se croient autorisés à matérialiser une frontière pour repousser les autres, à l'heure où la loi asile et immigration se durcit, permettant d'emprisonner des enfants, au seul motif qu'ils sont nés du mauvais côté, il m'a semblé important d'en parler.

Parce que la littérature enfantine contribue à former les esprits de demain, il me semble essentiel de proposer aussi des livres militants, des albums qui portent des valeurs, qui font réfléchir à la société que l'on souhaite construire.

Et si, comme moi, vous êtes sensibles au sujet de l'accueil des réfugiés et à celui de la littérature jeunesse à la fois, je vous invite à visiter le site de l'association encrages et à les soutenir.