Cyril, c'est celui qui est dupé parce qu'il le veut bien. Il voulait tellement trouver un ami qui lui ressemble qu'il omet de relever l'évidence.

Jusqu'au moment où le pigeon, le canard et le chien, avec une certaine malveillance, se chargent de lui ouvrir les yeux avec brutalité: non seulement Pat est un rat mais aussi un malfrat, comment être ami quand on est si différent?

Il a bien intégré la norme sociale, Cyril, il renonce naturellement, et sans se poser de question, à son amitié pour Pat.
Il faudra qu'il se retrouve en situation difficile pour que le rat soit réhabilité à ses yeux et pour qu'ils s'autorisent enfin à vivre leur amitié sans faux semblant, sans se soucier du regard des autres.

Bien sûr il est appréciable de voir que la différence est surmontable.
Je suis très légèrement mal à l'aise cependant avec l'idée que le rat doit faire ses preuves avant d'être accepté pour ce qu'il est, sans doute parceque cela raisonne avec l'actualité. Et si on laissait les gens être ce qu'ils sont, héroiques ou pas? Ce serait bien aussi, non?

Cela dit, ça reste une jolie histoire d'amitié, et le trait d'Emily Gravett est toujours aussi plein de charme et les personnages très expressifs.