Ils ont tous de drôles de bouilles: un genre de chat, un pingouin, un truc qui ressemble à un âne aux cheveux longs, une créature verte dont la peau, étrangement, a le même motif que le papier peint.
Nouvelle page, nouvelle idée. Cette fois-ci, on fait tous une grimace. Clic! L'effet est saisissant.
Grâce aux rabats, l'album joue la surprise à chaque double page. On découvre la position de chaque personnage avec un petit temps de retard sur la prise, comme avec un polaroïd. Le texte, que l'on lit avant de découvrir l'image nous donne juste assez d'indices pour qu'on s'amuse à essayer d'imaginer la scène.
Puis un grain de sable se glisse dans la mécanique du livre. Alors que l'appareil se déclenche tout seul, un nouveau personnage apparaît sur la page de gauche, celle qui était jusque là réservée au texte.
Petit à petit, il envahit l'espace jusqu'à abolir la frontière formée par la charnière de l'album qui séparait la page blanche du studio photo et l'imprimé du papier peint du décor réel.
Bien entendu, ce livre amuse beaucoup les enfants qui se reconnaissent dans les jeux farfelus des personnages.
Au delà de ce premier aspect il interroge aussi, sans en avoir l'air, les notions de réalité et de  représentation.  Il n'est jamais trop tôt pour comprendre qu'une image ne reflète que rarement la réalité qu'elle a voulu saisir.