Entre album (très grand format) et bande dessinée, l'histoire se raconte en pleine pages ou en petites vignettes, quand le rythme s’accélère.

Si le fait d'avoir affaire à des animaux anthropomorphisés donne tout de suite un air fantaisiste à l'album, il offre également des précisions techniques qui lui donnent une portée documentaire (vous saurez tout sur le fonctionnement d'un sous-marin scientifique).

Au delà de l'histoire, c'est le portrait d'une femme indépendante, volontaire et dynamique qui a fait mon bonheur dans cet album.

Elle semble jongler sereinement entre le travail, la famille et même les obligations sociales (c'est qu'elle est célèbre, donc très sollicitée). Elle sait se mettre naturellement au centre de sa propre vie.

On devine la mère célibataire, mais pas du genre à chercher son salut dans le prince charmant (qui prend ici la forme du maire de la ville, symbole du pouvoir moderne et dont elle ignore totalement les avances). Nul besoin de mariage heureux pour être l'héroïne de sa propre histoire, et puis d'abord elle à déjà les nombreux enfants, que ferait-elle d'un mari dans les pattes?

Nul doute, nous avons affaire à un album de l'école des loisirs: Les couleurs, le découpage entre images à fond perdu et vignette, le mélange de fantaisie et de rigueur scientifique sont des ingrédients qu'on retrouve dans les livres d'Adrien Albert ou Audrey Poussier et, bien sûr, d'Anaïs Vaugelade. Sans doute n'est-ce pas un hasard, puisque c'est elle qui édite tout ces albums. Elle prouve encore une fois qu'elle n'est pas seulement une autrice illustratrice talentueuse mais aussi une éditrice épatante qui fait émerger de nouveaux talents. Magali Arnal est une nouvelle venue dans le milieu, qui a déjà une belle réussite à son actif: Notre camping-car.

diaspora*