Pendant qu'Orang-outan pompe toute l'eau nécessaire, Jars et Petit Pierre se pressent vers l'incendie, déroulant derrière eux des kilomètres de tuyau. La fumée envahit la ville, ils utilisent donc l'aspirateur pour l'avaler. Ne soyez pas surpris, n'importe quel enfant de cinq ans vous confirmera que c'est un moyen adapté pour se débarrasser d'une fumée trop envahissante. En tout cas, ceux à qui j'ai lu cet album ont trouvé ça tout naturel. C'est d'ailleurs la grande force de cet album, je ne sais pas si Adrien Albert a de très bons souvenirs de sa propre enfance ou si il a longuement observé des bambins jouer mais il est parfaitement juste dans sa représentation. Il nous entraîne dans l'aventure au point que les adultes ne s'étonnent même pas de l'absurdité de la situation. Au_feu_Petit_Pierre_interieur2.jpg

Rien de surprenant par exemple au fait qu'ils aient un tuyau si long, sinon d'où viendrait l'eau?! Et, bien sûr c'est sur un canapé qu'on saute pour échapper aux flammes, parce qu'il n'y a quand même rien de tel qu'un canapé pour sauter dessus (vous n'avez jamais passé un dimanche pluvieux avec un bambin à la maison ou quoi?).

Au delà de l'histoire, à travers les images, nous, adultes, pouvons imaginer les jeux d'enfants qui s'y trouvent représentés: "on dirait qu'il faisait tellement chaud que l'eau de bubulle s'était évaporée!

-Oui et puis il fallait sauter de la grande tour, heureusement, on avait un canapé!" Mais on est si parfaitement invités à entrer dans l'imaginaire enfantin qu'on oublierais presque que ce n'est qu'un jeu, d'ailleurs jusqu'au bout de l'album on est dans l'histoire, rien ne nous rappelle vers la réalité de la chambre d'enfant. 

Après Seigneur Lapin, Cousa et  Simon sur les rails et Adrien Albert confirme une fois de plus qu'il est un auteur d'exception, tant sur le plan de l'image que sur celui de la narration.