Avec une quantité définie de cubes, les pantins vont vivre des aventures. Et les aventures, c'est bien connu, ça commence souvent par un problème. Ici c'est un feu qui prend dans la maison. Pour l'éteindre, bonhomme de bois et bonne-femme de bois s'activent. En un rien de temps, ils construisent un camion de pompier.
Mais dans leur précipitation ils laissent l'eau couler trop longtemps et un océan envahit la page. Qu'importe, il suffit de modifier la construction, un cube ici, une planche là, et hop, le camion devient bateau. De péripéties en péripéties la construction se transforme et évolue jusqu'à revenir à son point de départ. La maison, les personnages debout dedans, tout est de nouveau en ordre. En attendant un nouveau tour de jeu. a_nous_de_jouer_interieur1.jpg

Les enfants avec qui j'ai partagé cet album ont souvent eu plein de choses à raconter sur les images. Ils racontent l'histoire, posent des questions, pointent certains détails. L'absence de texte leur laisse une grande place pour participer à la construction de l'histoire, comme ils auraient construit un château de cube. Petit à petit, morceau par morceau, ça prend forme.

Un petit garçon de 5 ans a cherché, de pages en pages, les pièces de bois rouges. Un triangle et deux arceaux. Mais, mais?!? quand l'incendie se déclare les cubes rouges sont bien là mais ils sont devenus oranges. Le bambin était tout surpris. Est ce que le monsieur qui a dessiné le livre a oublié de les colorier? Peut être que les cubes sont tout pâles parce qu'ils ont peur du feu?

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Nous avons eu une longue conversation où il était question des gens qui font les livres et ne sont pas forcément des monsieurs (Pat Hutchins est une femme), des gens qui impriment les livres, et aussi des cubes qui peut être sont très peureux et des pantins de bois qui sont très courageux, de l'océan qui se forme comme celui de larmes dans Alice au pays des merveilles et du bois qui flotte, ce qui est normal quand il a une forme de bateau.
J'aime beaucoup ces échanges avec les enfants, qui nous entraînent sur des chemins qu'on n'aurait pas soupçonné, et les albums sans texte s'y prêtent particulièrement. 

diaspora*