vendredi, février 16 2018

Parfois je me sens

Parfois je me sens, Anthony Browne, kaléidoscope 9€90

L'éditeur Kaléidoscope réédite, en version cartonnée, trois albums d'anthony Browne, qui mettent en scène Marcel, son personnage fétiche. Des trois, mon préféré est "parfois je me sens", pas seulement parce qu'il aborde le thème actuellement très recherché des émotions mais pour ses qualités intrinsèques.

La plupart du temps, le petit chimpanzé est montré en gros plan, ses émotions très lisibles sur son visage. Sauf lorsqu'il s'agit de montrer qu'il se sent seul, il est alors tout petit, posé tout en bas d'une page blanche.

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mercredi, février 14 2018

Le cache-cache des animaux

Le cache-cache des animaux, Tomoko Ohmura, école des loisirs, 11€50

C'est le chien qui compte. Il devra chercher tour à tour trois autres animaux, dissimulés dans la maison.

Et ce n'est pas si simple. D'ailleurs, le petit lecteur qui cherche dans chaque image l'animal caché peut hésiter un peu. Le dessin de Tomoko Ohmura est toujours très lisible mais cette fois ci elle joue à nous perdre en mettant dans l'image différents motifs qui pourraient évoquer le pelage d'un animal.
Et puis, on a un handicap par rapport au chien: on ne sait pas exactement qui on cherche.

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lundi, février 12 2018

Gronouyot

Gronouyot, Stephane Servant, Simone Rea, Didier jeunesse.

Il est tout à fait adorable, ce petit bébé, que son père fait sauter dans ses bras. Il a une drôle de tête, c'est indéniable, toute verte, avec une grande bouche, mais n'empêche, il est adorable. D'ailleurs, il grandit dans une famille aimante, même s'il ne leur ressemble en rien.

C'est à travers la vision des autres que les choses se compliquent. N'avoir ni oreille ni queue, dans une famille de lapin, ça dénote. Dans la rue, les regards se font tantôt fuyants tantôt un peu trop insistants.
Et à l'école, c'est pire encore. Le pauvre petit ne sait prononcer que son prénom, ce qui laisse sa maitresse désemparée et les autres enfants moqueurs.

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jeudi, février 8 2018

La folle poursuite

La folle poursuite, Clément Hurd, Gallimard jeunesse

La folle poursuite a été écrit en 1941, mais traduit seulement en 2006 par Gallimard jeunesse.
Sans doute parce que depuis les années 2000, l'iconographie de l'époque revient à la mode. Mais aussi parce que les couleurs et le mouvement dans cet album gardent une grande modernité.
Le thème, quant à lui, est intemporel.

Un chien, qui casse sa laisse pour se lancer à la poursuite d'un chat. Les propriétaires respectifs qui entrent dans la course. Et tout un tas de personnages qui passent là par hasard et vont être plus ou moins bousculés par cette folle poursuite.

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mardi, février 6 2018

Une belle journée

Une belle journée, Kevin Henkes, Kaléidoscope, (2008)

Il y a des jours comme ça, où tout va mal. Ca commence généralement par un micro événement, un petit grain de sable, qui instaure une mauvaise humeur tenace.

Pour petit oiseau jaune, c'est la perte de sa plume préférée. Petit chien blanc, quant à lui, a enroulé sa laisse autour de son piquet. Petit renard a perdu sa maman, et petit écureuil son gland.

Chaque animal est montré sur la page de droite, la mine dépitée. Gros plan sur le protagoniste, trait épais, l'image est très lisible et l'émotion du personnage facilement identifiable. Généralement, le petit lecteur se prend d'ailleurs d'empathie pour l'animal (il n'est pas rare qu'un bambin essaye de consoler le personnage)

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jeudi, février 1 2018

Des nouvelles de Caroline

Bonjour à tous,

Tout d’abord, je tenais à m’excuser pour mon absence et mon silence depuis la rentrée. Et à vous souhaiter une belle année 2018, pleine d’enrichissements dans vos lectures et vos pratiques.

Ayant repris mes études (et donc passé des partiels en janvier) et attendant une petite choupette de façon imminente, je n’ai pas réussi à écrire mes billets.

Je fais donc une petite pause dans ma chronique, car il est bien connu que l’arrivée d’un enfant accapare légèrement…

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mercredi, janvier 24 2018

Cavale

Cavale, Stéphane Servant, Rebecca Dautremer, Didier jeunesse, 20€

Au moment d'écrire mon billet sur cet album, je repense aux dix droits du lecteur, dont je vous parlais la semaine dernière.

Et plus particulièrement au dernier, le droit de se taire. Ce livre, je l'ai depuis plusieurs semaines, je le lis beaucoup et, foncièrement, je n'ai pas envie de le commenter.

Quand je lis un livre à un enfant, souvent je rêve de savoir ce qu'il en pense, j'ai envie de savoir comment cette histoire à raisonné en lui, comment il l'interprète. J'ai envie de savoir si cette lecture fera de lui un enfant un peu différent de ce qu'il était avant.
Parfois, les bambins me font un beau cadeau, ils me disent ce qu'il en est. Mais, la plupart du temps, ils restent silencieux. Et je ne les interroge pas, je respecte bien trop le droit de se taire. La lecture est une expérience de l'intime, l'effet que produit le livre sur les enfants leur appartient, ça ne me regarde pas, je n'ai plus qu'à gérer cette frustration, ça fait partie du boulot.

Alors pourquoi moi je suis obligée d'en parler, hein? Moi aussi j'ai fait une expérience intime à la lecture de cet album, il a sucité en moi des émotions, des réflexions que j'ai bien envie de garder pour moi.

Mais voilà, en tant que blogueuse, comme en tant que formatrice en littérature enfantine, il faut bien que je le commente un minimum. Je ne peux pas me contenter de dire il est super, achetez-le, lisez-le, et voilà.

C'est qu'on attend de moi un minimum d'analyse, se contenter de dire qu'on l'a aimé c'est bien gentil mais ce n'est pas digne d'une critique qui se veut un peu professionnelle. Bon. Alors c'est parti, je me prête au jeu du commentaire de texte, de l'analyse de l'image, du décorticage de l'oeuvre. Mais, autant vous le dire tout de suite, tout cela ne reflétera en rien les qualités de l'album, cette chronique est vouée à être décevante. Pour moi au moins.

 

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vendredi, janvier 19 2018

Le petit monde de Samsofy

samsofy littérature enfantineLe petit monde de Samsofy, Samsofy, Omaké books, 15€


J'ai toujours adoré regarder et écouter les enfants jouer. C'est un plaisir immense de voir à quel point leur imagination a peu de limites et surtout d'observer leur capacité à se saisir des objets de leur environnement pour servir leurs scénarios. Laissez un gamin s'ennuyer assez longtemps dans une pièce où il n'y a pas de jouet et vous verrez dans ses mains les objets les plus insolites prendre vie: poupées en bouchons de lièges, voitures en paquet de mouchoirs, trains faits de fauteuils...
Samsofy est un photographe. Il a semble-t-il gardé de son enfance cette capacité à voir le potentiel ludique des objets du quotidien.

Et il nous le donne à voir dans ce petit album où il met en scène des légos.

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mercredi, janvier 17 2018

Mon royal petit frère

Mon royal petit frère, Sally Lloyd-Jones, David Roberts, Little urban, 13€50

La fillette qui nous livre ici sa version des faits est l'exemple typique du narrateur non fiable. (allez lire l'article. Si, si, j'insiste, allez lire ce merveilleux article de Clémentine Beauvais qui est à la fois très drôle et très instructif, croyez moi, vous ne le regretterez pas. De rien)

Elle raconte comment elle vit l'intrusion de son petit frère dans sa vie quotidienne, à travers le prisme de sa mauvaise foi. C'est qu'elle était comblée, petite princesse au centre de l'attention de ses parents. Jusqu'à ce que naisse sa majesté le roi bébé. Depuis, il n'y en a que pour lui, père et mère semble faire allégeance au petit tyran, laissant l'adorable (et belle, gentille, dotée d'une abondante chevelure blonde qui plus est) livrée à elle même.

Mais l'image donne une toute autre version des faits. Et les enfants, vous savez comment ils sont, ils ont tendance à croire ce qu'ils voient, plutôt que ce qu'on leur raconte, surtout dans les livres (faudrait voir à pas les prendre pour des cornichons, ils repèrent très bien les contradictions texte/image et savent en tirer les conclusions qui s'imposent).
Alors, ils repèrent que l'abondante chevelure de la fillette est en réalité une paire de collants jaune et ils se mettent à douter légèrement d'elle.

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lundi, janvier 15 2018

Les dix droits du lecteur

Les dix droits du lecteur, Danien Pennac, Gérard Lo Monaco, gallimard jeunesse

Publié pour les 40 ans de Gallimard jeunesse, cet album pop-up reprend les dix droits du lecteur issus du livre "Comme un roman", développés par l'auteur et admirablement mis en images et en reliefs par Gérart Lo Monaco.

"Le qu'en-lira-t-on ou les droits imprescriptibles du lecteur" est donc ici présenté sous une forme particulièrement ludique et qui peut être proposée aux adultes comme aux enfants. J'avoue, j'aime assez cette porosité entre un livre "pour adulte" et un "pour enfant.

Parce qu'au fond, je n'ai jamais réellement trouvé la limite, moi qui me régale autant que les enfants à lire leurs livres. Dans le cadre de mon travail, je lis le plus souvent à des enfants qui sont accompagnés de leurs parents, l'idée étant de plaire à l'un comme à l'autre.

Donc, avec ce pop-up, j'avais toutes les chances de faire mouche.

Et puis il est un formidable support d'échange avec les professionnels de la petite enfance avec qui je travaille: on lit ensemble chaque droit, on commente, on argumente, on réfléchit à nos pratiques quotidiennes.

Mais au fait, quels sont-ils? Les voilà:

1 - Le droit de ne pas lire
2 - Le droit de sauter des pages
3 - Le droit de ne pas finir un livre
4 - Le droit de relire
5 - Le droit de lire n'importe quoi
6 - Le droit au bovarysme
7 - Le droit de lire n'importe où
8 - Le droit de grappiller
9 - Le droit de lire à haute voix
10 - Le droit de se taire

 

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